Quand partir en Corée du Sud : meilleures saisons, cerisiers et fêtes à anticiper

Palais Gyeongbokgung à Séoul sous un ciel dégagé
Le palais Gyeongbokgung à Séoul, superbe au printemps comme à l'automne

Quand partir en Corée du Sud : meilleures saisons, cerisiers et fêtes à anticiper

Mon premier matin à Séoul, c’était début avril. J’étais descendu boire un café près de la rivière Cheonggyecheon et les berges étaient déjà prises d’assaut par des familles, des couples, des retraités appareil photo au cou. Les cerisiers venaient d’ouvrir. En trois jours, les pétales se sont mis à tomber comme de la neige sale sur le bitume, et tout le monde a compris que la fenêtre se refermait. C’est resté ma meilleure leçon sur la Corée : ici, la saison ne se discute pas, elle se vise.

Comme pour le voisin japonais, la question « quelle est la meilleure période pour partir en Corée du Sud » appelle plusieurs réponses. Le pays connaît quatre saisons très marquées, des fêtes qui paralysent les transports, et quelques fenêtres météo qui valent vraiment le détour. Voici comment s’y retrouver avant de réserver.

Palais Gyeongbokgung à Séoul sous un ciel dégagé
Le palais Gyeongbokgung à Séoul, superbe au printemps comme à l’automne

Le printemps (avril-mai) : la saison des cerisiers

Si je devais conseiller une seule période à quelqu’un qui découvre la Corée, ce serait le printemps. Entre la mi-avril et la fin mai, les températures à Séoul tournent autour de 15 à 23 degrés, le ciel se dégage souvent, et la nature explose après un hiver long et sec.

Le grand rendez-vous, c’est évidemment la floraison des cerisiers. Elle remonte du sud vers le nord : autour du 25 mars à Jeju et Busan, puis vers le 3 au 10 avril à Séoul selon les années. La floraison est brève, sept à dix jours grand maximum, et une grosse pluie peut tout faire tomber en une nuit. Mon conseil : ne calez pas tout votre séjour sur une date précise, gardez de la souplesse, et prévoyez de descendre vers le sud si le nord est en retard. Les villes comme Jinhae, près de Changwon, organisent chaque année des festivals de cerisiers spectaculaires début avril.

Le printemps coréen n’est pas parfait pour autant. C’est aussi la saison où les épisodes de pollution et de poussières fines (le fameux « fine dust », souvent venu de Chine et de Mongolie) peuvent ternir le ciel pendant plusieurs jours, surtout en mars et début avril. Les Coréens consultent l’indice de qualité de l’air comme on regarde la météo. Une appli comme AirVisual vous évitera de programmer une longue journée de randonnée le jour où l’air est mauvais.

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L’automne (septembre-novembre) : la plus belle saison selon les Coréens

Demandez à un Coréen quelle est sa saison préférée, il vous répondra presque toujours l’automne. Et il a raison. À partir de la mi-septembre, la chaleur moite de l’été retombe, l’air devient sec, le ciel d’un bleu franc. Les températures restent agréables, 20 à 25 degrés en septembre, 10 à 18 en octobre.

Le clou du spectacle, ce sont les érables et les ginkgos d’automne. Les couleurs descendent du nord vers le sud, à l’inverse des cerisiers. Le parc national de Seoraksan, dans l’est montagneux, s’embrase généralement le premier, dès la mi-octobre. Le parc de Naejangsan, plus au sud, atteint son pic fin octobre ou début novembre, avec son fameux tunnel d’érables rouges devant le temple Naejangsa. Marcher dans ces parcs un jour de semaine d’octobre, c’est une des expériences qui m’a le plus marqué en Asie.

Petit bémol à garder en tête : l’automne abrite Chuseok, la grande fête des récoltes, dont je reparle plus bas. Selon les années, elle tombe fin septembre ou début octobre et peut compliquer vos déplacements.

Temple traditionnel coréen entouré d'érables aux couleurs d'automne
Les érables d’automne, le moment de l’année préféré des Coréens

L’été (juin-août) : mousson, chaleur et typhons

L’été coréen se joue en deux temps. Juin reste tout à fait jouable : il fait chaud mais l’humidité n’a pas encore tout envahi, et les sites sont moins fréquentés. Puis arrive juillet, et avec lui la jangma, la saison des pluies de mousson. Pendant plusieurs semaines, les averses peuvent être violentes et durables, avec une humidité qui colle à la peau.

Le mois d’août cumule chaleur lourde (souvent au-dessus de 30 degrés, parfois bien plus avec l’humidité), forte affluence locale, et risque de typhons. La fin de l’été est la période la plus exposée aux tempêtes tropicales qui remontent du Pacifique. Un typhon peut clouer les avions au sol et fermer l’accès à l’île de Jeju pendant un ou deux jours. Si vous voyagez en août, prévoyez de la marge dans votre planning.

Cela dit, l’été n’est pas à exclure totalement. C’est la pleine saison des plages (Busan, la côte est, Jeju), des festivals de musique et des nuits animées. Et si vous fuyez la chaleur, les régions de montagne comme le Gangwon offrent quelques degrés de répit. Pour qui combine la Corée avec un circuit plus large incluant le Vietnam ou le Cambodge, l’été reste une période cohérente sur l’ensemble de la région.

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L’hiver (décembre-février) : froid sec, ski et festivals de glace

L’hiver coréen est rude, surtout dans la moitié nord. À Séoul, le mercure descend couramment autour de -10 degrés en janvier, avec un vent continental qui rend le froid mordant. Mais c’est un froid sec, lumineux, assez différent de l’humidité européenne. Et la ville ne s’arrête jamais : les marchés couverts, les jjimjilbang (ces saunas publics où l’on peut même passer la nuit) et la street food chaude prennent tout leur sens à cette période.

L’hiver, c’est aussi la saison du ski. Les stations de la région de Pyeongchang, qui a accueilli les Jeux olympiques d’hiver, sont accessibles en quelques heures depuis Séoul. Les amateurs de paysages gelés apprécieront les festivals de glace, comme celui de Hwacheon en janvier, où l’on pêche la truite à travers la glace d’une rivière.

L’avantage non négligeable de l’hiver : les tarifs sont bas et les sites touristiques presque vides, à condition d’éviter la période du Nouvel An lunaire. C’est une saison que je recommanderais à un voyageur déjà venu une fois, qui cherche une ambiance différente et accepte de se couvrir sérieusement.

Paysage enneigé à Séoul sous un ciel d'hiver dégagé
L’hiver coréen est froid et sec, propice au ski et aux festivals de glace

Seollal et Chuseok : les deux fêtes à anticiper absolument

Voilà le point que beaucoup de guides survolent et qui peut pourtant transformer un séjour. La Corée du Sud connaît deux grandes fêtes familiales pendant lesquelles le pays entier se met en mouvement.

Seollal, le Nouvel An lunaire, tombe entre fin janvier et mi-février selon l’année. Chuseok, la fête des récoltes parfois surnommée le Thanksgiving coréen, se situe entre la mi-septembre et début octobre. Pendant ces trois ou quatre jours, des millions de Coréens rejoignent leur famille d’origine. Les trains KTX sont réservés des semaines à l’avance, les autoroutes saturent, et surtout une partie des commerces, restaurants et petits musées ferment pendant la fête. Une expérience que connaissent bien ceux qui ont déjà voyagé pendant le Nouvel An en Chine.

Ce n’est pas une raison pour fuir ces dates. Assister à une cérémonie traditionnelle, voir les gens en hanbok, goûter les plats de fête, ça vaut le coup. Mais il faut s’organiser autrement : réservez très en avance, concentrez-vous sur une seule ville plutôt que de multiplier les trajets, et vérifiez les jours d’ouverture des lieux que vous visez. Les palais de Séoul, eux, sont souvent gratuits et animés pendant ces périodes.

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Jeju et les nuances régionales

La Corée n’est pas immense, mais le climat varie du nord au sud. Séoul et le nord connaissent les hivers les plus froids et un printemps un peu plus tardif. Busan et la côte sud bénéficient d’un climat plus doux toute l’année, ce qui en fait une bonne option en intersaison.

L’île de Jeju, au large du sud, mérite une mention à part. C’est la destination la plus clémente du pays : les cerisiers y fleurissent en premier, l’hiver y est nettement plus supportable, et le printemps comme l’automne y sont superbes. En revanche, Jeju est en première ligne face aux typhons de fin d’été, et c’est aussi la destination week-end favorite des Coréens, donc à éviter pendant les longs week-ends fériés si vous cherchez le calme.

Côte rocheuse de l'île de Jeju sous un ciel clair
L’île de Jeju, la destination la plus clémente du pays

Le visa et les formalités d’entrée

Bonne nouvelle pour les voyageurs français : l’entrée en Corée du Sud est aujourd’hui simple. Pour un séjour touristique de moins de 90 jours, aucun visa n’est nécessaire. L’autorisation électronique K-ETA, qui était obligatoire il y a quelques années, fait l’objet d’une exemption temporaire pour les ressortissants français jusqu’au 31 décembre 2026, dans le cadre d’une mesure visant à relancer le tourisme. Concrètement, pas de demande à remplir ni de frais à payer pour ce document.

Attention toutefois, une formalité subsiste : depuis 2025, il faut renseigner une carte d’arrivée électronique (e-Arrival Card) en ligne, dans les trois jours précédant votre arrivée, sur le portail officiel prévu à cet effet. La démarche est rapide et gratuite, mais mieux vaut ne pas l’oublier à l’aéroport. Comme ces règles évoluent régulièrement, et que l’exemption du K-ETA a une date de fin précise, vérifiez toujours les conditions en vigueur au moment de réserver votre voyage. La logique reste plus souple que pour la Chine, où un visa classique est exigé.

Une fois ces formalités réglées, reste la vraie question : que voulez-vous voir ? Si ce sont les cerisiers, visez début avril et soyez flexible. Si c’est l’automne flamboyant, partez vers la mi-octobre. Et si vous prolongez l’aventure jusqu’à Séoul, jetez un oeil à notre guide pratique de la capitale pour organiser vos journées sur place.