Séoul en pratique : quartiers, transports, gastronomie et vie nocturne

Skyline de Séoul avec ses gratte-ciel sous un ciel nuageux
Séoul, capitale de la Corée du Sud, mêle modernité et patrimoine historique

Dix millions d’habitants dans la ville proprement dite, plus de vingt-cinq dans l’agglomération – Séoul est l’une des métropoles les plus denses d’Asie du Nord-Est, et pourtant elle reste étonnamment lisible pour un voyageur. Les transports en commun sont parmi les plus efficaces du continent, les indications sont en anglais dans la quasi-totalité des gares de métro, et les habitants ont l’habitude des visiteurs étrangers depuis plusieurs décennies. La barrière d’entrée est nettement moins haute qu’on ne l’imagine depuis l’Europe.

Ce qui rend Séoul particulièrement intéressante à visiter, c’est la coexistence de registres très différents. Des palais royaux de la dynastie Joseon entourés de gratte-ciel, des villages de maisons traditionnelles en tuiles grises à quelques minutes à pied des quartiers de clubs et de restaurants de nuit. La ville ne cache pas ses contradictions – elle les assume.

Skyline de Séoul avec ses gratte-ciel sous un ciel nuageux
Séoul, capitale de la Corée du Sud, mêle modernité et patrimoine historique

Les formalités avant de partir

Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa pour séjourner en Corée du Sud jusqu’à 90 jours. En revanche, depuis 2023, une autorisation électronique préalable est obligatoire : le K-ETA (Korea Electronic Travel Authorization). Elle se demande en ligne sur le site officiel, coûte environ 10 euros et est valable deux ans pour des séjours multiples. C’est plus simple que les démarches pour le Japon, qui n’exige pas non plus de visa mais demande une attention similaire aux formalités d’entrée.

L’aéroport international d’Incheon se trouve à environ 50 kilomètres du centre de Séoul. La liaison la plus pratique est l’Airport Railroad Express (AREX) : 43 minutes en direct jusqu’à la gare de Seoul Station, pour un prix raisonnable. Des bus limousine desservent aussi la plupart des quartiers pour un prix comparable.

Les quartiers à connaître

Séoul est organisée en gu (arrondissements), mais pour un voyageur, quelques quartiers-clés suffisent à structurer un séjour.

Jongno et Insadong concentrent l’essentiel du patrimoine historique. C’est ici que se trouvent les grands palais royaux, les ruelles de boutiques d’artisanat, les maisons de thé traditionnelles. L’atmosphère est plus posée que dans le reste de la ville, et c’est souvent le point de départ logique d’un premier séjour.

Hongdae (Hongik University) est le quartier de la jeunesse et de la contre-culture séoulite. Rue piétonne bondée le week-end, concerts en plein air, graffitis, cafés indépendants, friperies. C’est aussi l’un des centres de la vie nocturne, avec une concentration de clubs dont certains fonctionnent jusqu’au lendemain matin.

Gangnam, au sud du fleuve Han, est ce que Tokyo aurait si Shinjuku et Roppongi fusionnaient. Luxe, business, shopping haut de gamme, K-pop (les sièges de plusieurs grandes agences sont dans le coin). L’ambiance est très différente du nord de Séoul – plus froide, plus verticale, plus internationale.

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Myeongdong est le quartier du shopping populaire et des cosmétiques coréens. Bondé en toute saison, particulièrement le soir quand les étals de street food envahissent les trottoirs. C’est touristique, mais incontournable pour une première visite.

Itaewon, historiquement lié à la présence militaire américaine, est devenu le quartier le plus cosmopolite de la ville : restaurants internationaux, bars, galeries, boutiques de créateurs. L’atmosphère est très différente du reste de Séoul, plus détendue et ouverte.

Toits en tuiles grises du village hanok de Bukchon à Séoul
Bukchon Hanok Village contraste saisissant avec les tours de verre environnantes

Gyeongbokgung et les palais royaux

Séoul compte cinq grands palais de la période Joseon (1392-1897), dont deux méritent vraiment le détour. Gyeongbokgung est le plus grand et le plus restauré, avec ses gardes en costume d’époque et la relève de la garde qui attire chaque jour des dizaines de photographes. Changdeokgung, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est plus intimiste et abrite un jardin secret – le Huwon – qui reste l’un des espaces verts les plus remarquables de la ville.

Une pratique très répandue : louer un hanbok (vêtement traditionnel coréen) aux abords des palais. En échange, l’entrée est gratuite. Plusieurs boutiques de location proposent le service pour deux à trois heures, à des prix accessibles. Le résultat est photographié et partagé par des millions de visiteurs chaque année – c’est kitsch dit comme ça, mais ça fonctionne vraiment bien comme expérience.

Visiteurs en hanbok traditionnel devant le palais Gyeongbokgung à Séoul
Louer un hanbok aux abords des palais donne accès à l’entrée gratuite

À deux pas de Gyeongbokgung, le village de Bukchon Hanok est un ensemble de ruelles préservées bordées de maisons traditionnelles en tuiles grises. Le contraste avec les tours de verre alentour est saisissant. C’est un quartier résidentiel – les habitants y vivent encore – ce qui implique de respecter le calme et d’éviter les visites trop matinales ou trop tardives.

Les transports : métro, T-money et taxi

Le métro de Séoul est l’un des meilleurs d’Asie : 9 lignes principales plus plusieurs lignes de banlieue, couverture quasi-totale de la ville, fréquence élevée, climatisation, annonces en coréen et en anglais. Les tarifs sont parmi les plus bas du monde pour une capitale. La carte T-money (rechargeable, vendue dans tous les konbini et kiosques de métro) permet de payer le métro, le bus et les taxis à tarif légèrement réduit. C’est le premier achat à faire à l’aéroport.

Les taxis sont abondants, peu chers par rapport aux standards européens, et de plus en plus équipés d’applications de traduction. L’appli Kakao T fonctionne comme Uber et permet de réserver un taxi sans avoir à parler coréen.

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Pour les déplacements en dehors de Séoul (Busan, Gyeongju, Jeonju), le réseau KTX (TGV coréen) est rapide et confortable. La ligne KTX jusqu’à Busan prend 2h30 depuis Seoul Station – c’est suffisant pour une excursion à la journée.

Gastronomie : au-delà du bibimbap

La cuisine coréenne est l’une des plus variées d’Asie du Nord-Est, et Séoul en est la vitrine principale. Quelques incontournables :

Le barbecue coréen (samgyeopsal pour les tranches de poitrine de porc, galbi pour les côtes marinées) se mange sur un grill encastré dans la table, accompagné de nombreux plats d’accompagnement (banchan) servis gratuitement. C’est un repas qui se partage et qui peut durer deux heures sans qu’on y prenne garde.

Le street food est particulièrement riche. Le marché Gwangjang (Jongno) est l’un des plus anciens et des plus authentiques : bindaetteok (galettes de haricots mungo), mayak gimbap (petits rouleaux de riz), yukhoe (tartare de boeuf). Myeongdong propose une version plus touristique mais reste un bon endroit pour tester les classiques comme le tteokbokki (galettes de riz épicées) ou les hotteok (crêpes fourrées aux noix et sucre brun).

Étal de street food coréen avec des pâtisseries dans les rues de Séoul
Le street food est omniprésent dans les quartiers animés de Séoul

La culture café mérite aussi une mention : Séoul a probablement plus de cafés par habitant que n’importe quelle autre grande ville au monde. Des cafés thématiques (bibliothèques, animaux, jeux de société), des torréfacteurs spécialisés, des adresses instagram-friendly dans des hanoks rénovés… C’est un pan entier de la vie sociale séoulite, qui n’a rien à envier aux scènes café de Melbourne ou Tokyo.

Enfin, impossible d’ignorer le chimaek – contraction de chiken (poulet frit) et maekju (bière). Le poulet frit coréen, croustillant et souvent doublement frit, accompagné de bière fraîche, est une institution nationale. Des milliers d’enseignes de livraison et de restaurants spécialisés dans toute la ville.

Vie nocturne et sorties

Séoul sort tard. Les restaurants ne commencent à se remplir qu’à 19h-20h, les bars atteignent leur pic après minuit, et certains clubs de Hongdae et Itaewon ferment au lever du soleil. La ville n’a pas de couvre-feu et le métro reprend à 5h30 – ce qui évite d’avoir à rentrer en taxi à 4h du matin.

Le norebang (karaoké privé) est une sortie typique qui mérite d’être testée au moins une fois. On loue une salle pour son groupe (de 2 à 15 personnes), on commande à boire, et on chante pendant une heure ou deux sans audience extérieure. C’est beaucoup moins intimidant que le karaoké à la française, et c’est un moment de sociabilité très ancré dans la culture locale.

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Le soju – alcool de riz distillé, entre 16° et 25° selon les marques – est la boisson nationale. Seul ou en somaek (mélange soju + bière), il accompagne quasiment chaque repas. Le makgeolli, alcool de riz fermenté non filtré, légèrement pétillant et peu alcoolisé, est une alternative plus douce souvent servie dans des bols en céramique.

Budget et période idéale

Séoul est moins chère que Tokyo pour la plupart des postes de dépense – hébergement, restaurants, transports. Un séjour correct en auberge de jeunesse ou petit hôtel, en mangeant principalement coréen, revient à 60-80 euros par jour. Les hôtels de standing intermédiaire se trouvent facilement entre 80 et 150 euros la nuit, souvent avec des petits-déjeuners pantagruéliques. Pour comparaison, le coût de la vie au Japon est légèrement supérieur sur des postes équivalents, même si l’écart s’est réduit ces dernières années avec l’évolution des taux de change.

Les meilleures périodes sont le printemps (avril-mai, pour les cerisiers et les températures douces) et l’automne (octobre-novembre, pour le danpung, l’équivalent coréen du koyo japonais). L’été est chaud et humide, avec une saison des pluies en juillet. L’hiver est froid et sec – des températures négatives sont fréquentes en janvier – mais la ville reste très animée et c’est la basse saison touristique, donc les prix baissent.

Séoul se prête aussi bien à un séjour court (4-5 jours suffisent pour les essentiels) qu’à une base pour explorer le reste de la Corée du Sud. Et pour les voyageurs qui envisagent de combiner avec le Japon, les vols Séoul-Tokyo ou Séoul-Osaka sont fréquents et peu chers. Un itinéraire Japon peut facilement se prolonger d’une semaine coréenne, les deux destinations étant très complémentaires en termes de rythme et d’ambiance.

Séoul attire par ailleurs de plus en plus de jeunes actifs européens qui s’y installent pour quelques mois ou quelques années, attirés par l’écosystème tech, la qualité de vie urbaine et le dynamisme culturel. Si vous vous interrogez sur une expatriation en Asie dans le secteur tech, la Corée du Sud fait partie des destinations à considérer sérieusement.