Avec plus de 7 000 îles dispersées sur 1 800 kilomètres du nord au sud, les Philippines forment l’un des archipels les plus complexes d’Asie à appréhender côté météo. Plages de rêve, spots de plongée réputés, volcans et rizières en terrasses : le pays a de quoi séduire, à condition de bien choisir son moment et sa destination, car les deux sont liés.
Le climat tropical y est rythmé par deux moussons et par une saison des typhons qui pèse sur une partie de l’année. Ce guide détaille les grandes saisons, le cas des îles qui suivent un calendrier décalé, les fêtes spectaculaires du mois de janvier et les formalités d’entrée à connaître.

Deux moussons pour un archipel immense
Le climat philippin s’organise autour de deux régimes de vents. La saison sèche correspond à la mousson du nord-est, appelée localement amihan, et s’étend de décembre à avril. La saison des pluies est portée par la mousson du sud-ouest, le habagat, de juin à octobre. Entre les deux, mai est un mois de transition souvent très chaud.
Ce schéma général vaut surtout pour Manille et la façade ouest de l’archipel. Mais l’étendue du pays fait que certaines îles, notamment à l’est, ne suivent pas exactement ce calendrier, un point sur lequel ce guide revient plus loin. La règle de base reste simple : pour un premier voyage, la saison sèche offre les conditions les plus sûres.
La saison sèche (décembre à avril) : la période idéale
C’est la fenêtre la plus recherchée. De décembre à avril, le ciel se dégage, la mer se calme et la visibilité sous-marine devient excellente, un atout majeur pour la plongée et le snorkeling. Les mois de janvier à mars sont souvent cités comme le meilleur compromis : chaleur supportable, faible pluviométrie et conditions optimales sur la plupart des spots balnéaires.
Les températures grimpent ensuite nettement en avril et mai, qui marquent le pic de chaleur avant l’arrivée des pluies. Cette période reste prisée pour les plages, mais demande de composer avec un soleil parfois écrasant. C’est aussi la haute saison touristique, ce qui implique de réserver à l’avance les hébergements les plus demandés, à Palawan ou Boracay notamment.

La saison des pluies et les typhons (juin à octobre)
De juin à octobre, le habagat apporte des averses régulières, souvent intenses mais entrecoupées d’éclaircies. Le vrai sujet de cette période n’est pas tant la pluie que les typhons. Les Philippines comptent parmi les pays les plus exposés au monde aux cyclones tropicaux, avec un pic de risque entre août et octobre. Ces tempêtes touchent surtout l’île de Luçon, au nord, et la partie est des Visayas.
Voyager pendant cette période n’est pas impossible, et présente même des avantages : tarifs réduits, paysages verdoyants et sites moins fréquentés. Mais cela suppose de la souplesse dans son programme et une attention soutenue aux prévisions, car un typhon peut clouer les avions au sol et interrompre les liaisons maritimes pendant plusieurs jours. Mieux vaut prévoir une marge dans son itinéraire et éviter les enchaînements trop serrés.
Des micro-climats selon les îles
C’est toute la subtilité de l’archipel : il existe presque toujours une région au beau fixe quelque part. Palawan, avec El Nido et Coron, bénéficie d’une position sud-ouest relativement protégée des typhons et affiche d’excellentes conditions de décembre à avril. Les Visayas, autour de Cebu, Bohol et Boracay, profitent pleinement de la saison sèche.
À l’inverse, plusieurs îles de l’est reçoivent une partie de leurs pluies pendant l’amihan, soit en décembre-février, à contretemps du reste du pays. C’est le cas de la région de Siargao, capitale du surf philippin, où les vagues sont au rendez-vous une bonne partie de l’année mais culminent généralement de la fin de l’été à l’automne. Adapter sa destination à la saison, plutôt que l’inverse, reste la meilleure approche, dans une logique proche de celle de l’Indonésie voisine.

Janvier, le mois des grandes fêtes
Le calendrier festif philippin connaît un sommet en janvier, en pleine saison sèche. Le pays, profondément marqué par le catholicisme, célèbre alors plusieurs festivals parmi les plus spectaculaires d’Asie du Sud-Est. Le Sinulog de Cebu, le Ati-Atihan de Kalibo et le Dinagyang d’Iloilo réunissent des défilés costumés, des danses et des processions qui attirent des foules considérables.
D’autres rendez-vous ponctuent l’année, comme le Panagbenga, la fête des fleurs de Baguio en février, ou la Semaine sainte, célébrée avec ferveur partout dans le pays à une date mobile au printemps. Ces événements tombent souvent en pleine période favorable, mais ils font grimper la fréquentation et les prix : pour y assister, il faut réserver bien à l’avance.

Visa et formalités d’entrée
Pour un séjour touristique, les ressortissants français peuvent entrer aux Philippines sans visa pour une durée maximale de 30 jours, sous réserve de présenter un passeport valable au moins six mois et un billet de sortie du territoire. Depuis fin 2025, un e-Visa permet par ailleurs de demander en ligne un visa de visiteur temporaire pour des séjours allant jusqu’à 59 jours, en complément de l’exemption classique.
Une formalité s’impose à tous : l’enregistrement eTravel, à effectuer en ligne sur la plateforme officielle, de préférence dans les 72 heures précédant le départ. Le QR code généré est demandé à l’embarquement et à l’arrivée. Comme ces règles évoluent régulièrement, il est prudent de vérifier les conditions en vigueur au moment de réserver. Pour qui intègre les Philippines dans un circuit en Asie du Sud-Est plus large, ces formalités s’ajoutent à celles des autres pays traversés, à anticiper pays par pays. Reste alors la vraie question : plages de Palawan, plongée des Visayas ou vagues de Siargao ?

