Le Vietnam est l’une des destinations les plus complètes d’Asie du Sud-Est. En un seul séjour, on peut passer d’une capitale animée aux allures encore coloniales à des baies karstiques classées à l’UNESCO, d’une ville de lanternes figée dans une douceur provinciale à une métropole de dix millions d’habitants qui ne s’arrête jamais. Le tout pour un budget qui reste l’un des plus accessibles de la région. C’est aussi un pays long – 1 600 kilomètres du nord au sud – ce qui implique de bien choisir son axe avant de partir.
Ce guide couvre l’itinéraire classique nord-sud, avec les étapes qui méritent vraiment le détour, les transports internes, la gastronomie et les informations pratiques pour préparer le séjour.

Organiser son séjour : nord-sud ou l’inverse ?
La logique la plus courante est d’arriver à Hanoi (nord) et de repartir depuis Ho Chi Minh-Ville (sud), ou l’inverse. Les vols aller-retour sur la même ville sont plus chers à cause du billet retour supplémentaire, mais les vols ouverts (open jaw) sont proposés par la plupart des compagnies qui desservent le Vietnam depuis Paris, avec une escale à Dubaï, Doha ou Bangkok selon les transporteurs.
Pour un premier voyage, un minimum de 15 jours est recommandé pour couvrir les étapes essentielles sans courir. En dessous de dix jours, il faut choisir soit le nord, soit le centre et le sud – vouloir tout faire sur une semaine revient à passer son temps dans les aéroports ou les gares.
Les formalités d’entrée sont simples pour les Français : le visa électronique (e-visa) se demande en ligne sur le portail officiel du gouvernement vietnamien, pour 25 USD, et est valable 90 jours entrée multiple. Le traitement prend entre 3 et 5 jours ouvrés – rien à voir avec la complexité de certains visa asiatiques.
Hanoi : la capitale du nord
Hanoi est une ville dense, bruyante et profondément attachante. Le vieux quartier (Phố Cổ) est le centre historique : 36 rues traditionnellement organisées par corporation (rue des chapeliers, rue des orfèvres, rue des papetiers…). La structure est encore partiellement lisible, même si les boutiques ont évolué. C’est un quartier à parcourir à pied, sans destination précise, en acceptant d’être bousculé par les scooters et rattrapé par les vendeurs de café ambulants.
Le lac Hoan Kiem et le temple de la Tortue au centre sont le poumon vert de la ville. Le week-end, les rues alentour sont piétonnes – une atmosphère très différente du chaos habituel. Le mausolée Ho Chi Minh (Quartier Ba Dinh) et le temple de la Littérature méritent aussi la visite pour qui s’intéresse à l’histoire du pays.
Une soirée au moins doit être consacrée à la rue des bières (Ta Hien) – sièges en plastique, bière fraîche (bia hoi) à 20 centimes le verre, ambiance de brasserie populaire en plein air. C’est touristique, mais ça reste l’un des endroits les moins formatés de la ville.

La baie d’Ha Long et Ninh Binh
La baie d’Ha Long est probablement l’image la plus connue du Vietnam : des milliers de pics karstiques qui émergent d’une mer vert-gris, parcourus par des jonques en bois. C’est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et très fréquenté. La façon la plus commune d’y aller est une croisière de une à trois nuits au départ de Hanoi (3h30 de route). Les offres vont des jonques bas de gamme bondées aux bateaux boutique avec kayak, cours de cuisine et spa.
Si Ha Long vous semble trop touristique, Ninh Binh – à 2 heures au sud de Hanoi – propose un paysage karstique similaire mais terrestre, traversé en barque à rame sur des rivières bordées de rizières. C’est nettement plus calme, moins cher, et tout aussi spectaculaire. Les deux destinations ne s’excluent pas si le temps le permet.
La côte centrale : Hoi An et les environs
Hoi An est l’étape centrale incontournable. La vieille ville, classée à l’UNESCO, est un ensemble de maisons marchandes des XVIIe-XVIIIe siècles en bois laqué, ponts couverts, pagodes et comptoirs construits par les communautés japonaises et chinoises qui faisaient du commerce ici. Le soir, des milliers de lanternes en papier coloré s’allument le long des ruelles – c’est la photo la plus photographiée du Vietnam.
La ville est devenue très touristique, mais elle reste belle. Les restaurants, les tailleurs (Hoi An est réputée pour la confection sur mesure rapide et peu chère), les cafés sur les toits et les plages à 5 km font de cette étape un moment de décompression agréable après le rythme des villes du nord.

À deux heures de route au nord de Hoi An, Hue est l’ancienne capitale impériale du Vietnam, moins visitée mais plus riche historiquement : la Cité pourpre interdite (à l’image de Pékin, en miniature), des tombeaux royaux dispersés dans la campagne, une cuisine locale distincte considérée par beaucoup comme la plus raffinée du pays.
Da Nang, entre les deux, est principalement une ville de transit mais dispose de plages correctes et d’une connexion aérienne dense – c’est souvent là qu’arrivent les vols directs depuis Ho Chi Minh ou Hanoi si l’on veut couper le trajet nord-sud.
Ho Chi Minh-Ville (Saigon)
Ho Chi Minh-Ville – toujours appelée Saigon par ses habitants – est la capitale économique du pays et la ville la plus intense du voyage. Dix millions d’habitants, un flux de scooters permanent, des gratte-ciel qui poussent entre des marchés couverts, des immeubles coloniaux français et des pagodes. L’énergie est différente de Hanoi – plus rapide, plus ouvertement capitaliste, moins nostalgique.
Le marché Ben Thanh, la rue Bui Vien (backpacker street, très festive), le musée des Vestiges de la guerre (éprouvant mais important pour comprendre l’histoire récente du pays), le quartier de Cholon (Chinatown) avec ses pagodes et ses entrepôts – il y a largement de quoi remplir deux ou trois jours. Une demi-journée en bus ou en voiture vers Cu Chi (tunnels de résistance du Viêt-Cong) est aussi une expérience marquante.
Se déplacer dans le pays
La question du transport interne est centrale pour organiser un itinéraire au Vietnam. Trois options principales :
L’avion est souvent la solution la plus rapide pour les longues distances. VietJet, Bamboo Airways et Vietnam Airlines desservent l’axe Hanoi-Da Nang-Ho Chi Minh à des prix très bas si on réserve à l’avance (parfois moins de 20 euros le trajet). La fréquence est élevée – plusieurs vols par heure sur les axes principaux.
Le train longe toute la côte et offre des vues sur la mer et les rizières qui justifient à elles seules le choix. Le trajet Hanoi-Ho Chi Minh complet dure 32 heures en express – personne ne fait ça d’une traite, mais la portion Da Nang-Hue ou Hue-Hanoi en couchette de nuit est une vraie expérience. Les couchettes « soft sleeper » sont confortables et peu chères.
Les bus Open Tour (ou « sleeper bus ») sont la solution budget entre les villes du centre et du sud. Ce sont des bus à capsules couchées, fréquents et peu chers, mais lents. À réserver sur les plateformes locales ou directement dans les agences de voyage de Hanoi ou Hoi An.
Gastronomie : l’une des cuisines les plus variées d’Asie
La cuisine vietnamienne change selon les régions, ce qui en fait l’un des plaisirs constants du voyage.
Au nord, le pho – bouillon de boeuf ou de poulet aux nouilles de riz, servi avec des herbes fraîches – est le petit-déjeuner national. La version hanoise est sobre, peu épicée, centrée sur la qualité du bouillon. Plus au sud, le pho gagne en garnitures et en sucre. Le bun cha (porc grillé en boulettes et tranches, servi avec des vermicelles et une sauce sucrée-acidulée) est l’autre spécialité nordiste.
À Hoi An, le cao lau (nouilles épaisses, porc rôti, herbes et bouillon réduit) n’existe nulle part ailleurs dans le pays – les locaux affirment que l’eau du puits local est l’ingrédient secret. Le banh mi (baguette farcie à la vietnamienne, héritage colonial très réinterprété) se mange à toute heure et partout.

À Saigon, la cuisine est plus riche, plus sucrée, plus influencée par la Chine et le Cambodge. Les marchés couverts (cho) sont le meilleur endroit pour manger vite et bien pour moins d’un euro. Les restaurants de cuisine étrangère sont nombreux dans les quartiers expatriés comme Thao Dien ou District 1.
Budget et période idéale
Le Vietnam est nettement moins cher que le Japon ou Singapour. Un voyageur qui dort en auberge ou en guesthouse et mange local peut tenir avec 30 à 40 euros par jour tout compris. Avec des hôtels mid-range et quelques restaurants, comptez 60 à 80 euros. Les hôtels boutique de qualité restent abordables par rapport aux standards européens – 50 à 100 euros la nuit dans la plupart des villes. Pour référence, un séjour équivalent au Japon coûte en général deux à trois fois plus.
La période idéale dépend de la région. Le Vietnam est long, et les saisons ne sont pas uniformes. En règle générale : le nord (Hanoi, Ha Long) est agréable d’octobre à avril, avec des hivers frais et secs. Le centre (Hoi An, Hue) est à éviter entre octobre et décembre (saison des typhons et des pluies intenses). Le sud (Saigon, delta du Mékong) fonctionne toute l’année, avec une saison des pluies de mai à octobre qui n’empêche pas de voyager – les averses sont courtes et intenses.
La période novembre-mars est souvent citée comme la plus fiable pour un itinéraire nord-sud complet, même si le nord peut être brumeux et frais en janvier-février. Le Vietnam attire par ailleurs de plus en plus de nomades numériques, notamment à Hoi An, Da Nang et Ho Chi Minh – si cette option vous intéresse, notre article sur l’expatriation en Asie pour les profils tech explore les destinations les plus adaptées à cette façon de travailler.
Quant à combiner le Vietnam avec d’autres destinations de la région – Thaïlande, Cambodge, ou même un saut vers Séoul ou Tokyo -, les vols intrarégionaux sont nombreux et peu chers depuis les hubs de Bangkok ou Kuala Lumpur. Le Vietnam s’intègre facilement dans un circuit Asie du Sud-Est plus large.
